top of page
Au fil des jours
Le chemin de la Liberté
...
Jour 4
13 juillet 2021

Ce matin il pleut fort à Besançon... Je n'ai guère envie de sortir... Je n'ai guère envie de marcher avec ce temps....
Je me décide de prendre un petit-déjeuner copieux à l'hôtel en prévision de ce qui m'attend. La météo annonce des pluies ininterrompues pendant plusieurs jours et la région est en vigilance orange. J'avoue que je ne suis pas très rassurée.
Quand je marche, et que j'ai la chance de pouvoir prendre un petit-déjeuner à l'hôtel, c'est mon seul vrai repas de la journée. Et les jours où je ne me réveille pas à l'hôtel je n'ai pas de vrai repas. Quand je dors sous tente, le matin c'est soit des flocons d'avoine avec du lait en poudre et de l'eau,  soit une barre de céréales. À midi c'est sandwich de fortune avec un morceau de pain, une tranche de fromage s'il y en a et (ou) une tranche de jambon.
Je dois avouer que la pluie me plombe le moral. Je n'ai pas le courage ce matin de faire face à toute cette pluie. Mais que faire ? Continuer...
Je réfléchis à comment je pourrais gagner 1 ou 2 kilomètres sur ma journée... Je me décide donc de prendre le tramway pour traverser la ville, car les banlieues même par temps de soleil ne sont pas très agréables à traverser.
Me voilà donc arriver sur le quai en même temps que le tramway,  mais je n'ai pas encore mon billet ! À l'arrêt bus un groupe de contrôleurs attend pour rentrer dans le tram. L'un entre eux me voit galérer devant la borne de billets, il vient m'aider... vite la carte, choisir une option... Le tramway va partir ! Vite le code! Aaaah le stress qui monte ! Un autre nous dit qu'il retient la porte pour nous... Ah, ça y est j'ai tout! Vite le masque !!! Allez c'est parti pour un tour en tramway ! Ouf ça y est!
Je sors au terminus. Tout le groupe de contrôleurs sort ici également. Deux d'entre eux viennent me voir en me disant que je n'avais pas de chance pour aller marcher en ce moment. Eh non, les jours précédents j'ai eu quelques petites averses,  mais aujourd'hui c'est une vraie pluie...Ils me posent des questions, je leur raconte l'idée qui me guide dans cette marche. À un moment donné on me demande d'où je venais,  de Montauban...mais j'ai un accent c'est vrai... de Moldavie. Le monsieur me demande laquelle ? La Bassarabie... car il y a deux Moldavie, l'une est une région de la Roumanie et l'autre est un pays indépendant. La république de la Moldavie a été elle aussi une partie de la Roumanie, mais la grande Russie est passée par là nous séparant de nos frères.
Mais alors vous parlez roumain ? Me lance le monsieur,  et on commence à échanger en roumain. Une belle rencontre, ça m'a fait plaisir et drôle de reparler ma langue de natale.
Je leur donne un petit mot de liberté que je colle sur leur veste au niveau du cœur. Il est temps pour moi d'affronter la pluie...
Je me mets à marcher le long de la route,  c'est une nationale et elle est très passante. Les voitures, les camions et les motos roulent à toute allure. J'ai peur mais je n'ai pas le choix...
Au bout d'une heure j'essaie de trouver un autre itinéraire pour échapper à la route. Je trouve un chemin sur ma gauche qui se présente bien. Je salue les vaches qui viennent me voir curieuses, un groufie s'impose. J'avance sur le chemin mais très vite il devient impraticable à cause de la boue et l'eau stagnante. Je ne peux pas passer sur les côtés,  il y a des clôtures. Je fais demi-tour,  je trouverai bien une autre alternative.
Plus loin je bifurque sur la droite en direction de Deluz. C'est une départementale et une route de forêt,  il y a beaucoup moins de circulation.
Mon chemin commence à monter et je me retrouve la tête dans les nuages. L'ambiance est mystérieuse,  on pourait s'attendre qu'une Baba Yaga sorte de derrière les arbres sur son balais.
Sur ma droite les rochers regardent le vide et en contrebas le Doubs coule bruyamment.
Après la montée,  la descente arrive...il est midi passé et la pluie c'est arrêtée à ma plus grande joie. Sur mon chemin je découvre à droite une statue de la Sainte Anne enseignant à la jeune Marie. Sainte Anne tient un livre ouvert sur la page duquel j'ai collé une graine de liberté. Un geste qui prend ici plusieurs sens j'en suis consciente, mais j'aime bien la double lecture.
Je descend encore,  l'œil toujours émerveillé par la splendeur que m'offre la nature. La mousse recouvre les pierres et par un jeu de paréidolie j'y vois des tribus de gnomes qui me surveillent.
En début de l'après-midi je retrouve le plat, et des chemins remplis d'eau. Je suis obligée de contourner,  de sautiller ... je vais finir par faire un bain de boue si ça continue.
J'arrive à sortir de la forêt et je commence à longer la rivière le Doubs sur une voie cyclable. Le Doubs se contient difficilement après toutes ces pluies. Les arbres sont sous l'eau. Le soleil apparaît,  il commence à faire très chaud.
Un couple de cyclistes qui arrivent en face s'arrêtent pour me dire qu'avant d'arriver à Baume-les-Dames il y a beaucoup d'eau sur le chemin.
En effet, en fin de l'après-midi je suis arrivée à l'endroit fatidique... j'ai été obligée de quitter les chaussures car l'eau m'arrivait jusqu'aux genoux.
Mais que faire ? Je n'allais pas faire demi-tour pour si peu...
En fin de journée je suis arrivée enfin à l'hôtel à Baume les Dames. Ce soir je serai à l'abri de la pluie. 

bottom of page