LA TECTONIQUE DES CERTITUDES est une exposition réalisée en 2018 par Victoria NIKI au Musée d’archéologie sous-marine de Saint-Raphaël.
Cette exposition a été réalisée dans le cadre du PRIX PASSERELLE 2017 (Elstir-Passerelle pour l’Art).
« Une carte blanche est comme la nouvelle page d’un chapitre qui reste à écrire. Un pas après l’autre on y rentre pour y laisser émerger un univers, un point de vue et des questionnements.
La thématique de cette exposition fut inspirée par des réflexions menées lors de la performance ‘‘Back on track’’ consistant à parcourir à pied plusieurs centaines de kilomètres dans la solitude totale afin de rejoindre le pays de mes premières racines.
Lors de cette marche j’ai été saisie par le caractère instable des choses. Le contenu de mon sac à dos était ma seule certitude. Tout ce qui m’entourait était imprévisible.
Alors que toute mon éducation était construite sur la base de la certitude, je me suis rendu compte que je devais m’en détacher si je voulais avancer.
Ramener les choses à des formulations simples pour en saisir la réalité. Fixer en un point les tremblements des paysages perdus. J’aime penser que tout paysage est habité par des paysages anciens qui se superposent à celui que nous voyons ici et
maintenant.
Tels des paysages en devenir, les idées, les certitudes et les mythes propres à l’imagination commune des êtres humains s’entrechoquent, glissent et se plissent tout en se stratifiant.
La monnaie est devenue une certitude et un système de confiance créé par l’homme capable d’enjamber n’importe quel fossé culturel sans faire aucune discrimination sur la base de la religion, du genre ou de l’âge.
Dans sa lutte acharnée de recherche du bonheur et de la liberté, l’Homme oublieux de son état de poussière se détourne de la nature et vénère l’argent afin de parvenir à son but.
Les rêves s’accrochent, se lient entre eux, mais l’ancre qui les retient est plus fragile que ce qu’on croit. Ainsi l’Homme est voué à avancer sur des marches fragiles au risque de les voir se dérober sous ses pieds au moindre mouvement. »
Victoria Niki