Cette vidéo est une visite virtuelle de l’exposition « Aussi longtemps qu’il y aura de la lumière… »
11 juin 2022 – 13 mai 2023 au Musée Calbet, Grisolles
La mémoire comme point de départ, comme fragment d’une histoire commune devient un lieu de rencontre entre l’art et le territoire. L’artiste Victoria Niki est partie explorer des récits de vie de grisollais, leurs souvenirs des célébrations d’autrefois, afin de trouver « la graine » qui va engendrer cette nouvelle exposition. Dans le contexte actuel, marqué par une crise sanitaire ainsi que par des guerres territoriales, le mot liberté prends un « nouveau » sens, un sens depuis longtemps oublié : la liberté de célébrer et de se rassembler, la liberté d’être soi dans son identité profonde sans subir les altération extérieures.
Le titre de l’exposition « Aussi longtemps qu’il y aura de la lumière » renvoie au roman de Luis Sepúlveda « L’ombre de ce que nous avons été ». Un roman dédié à ses compagnons de lutte, à ses camarades, « … ces hommes et ces femmes, qui sont tombés, se sont relevés, ont soigné leurs blessures, conservé leurs rires, sauvé la joie et continué à marcher ».
L’exposition se déroule sous le signe de la Liberté et de sa célébration. Aussi longtemps qu’il y aura de la lumière, la liberté éclairera nos chemins.
*Petite incursion historique*
L’artiste nous propose de plonger auditivement dans les récits de cinq personnes qui ont connu les célébrations d’antan mais également les bals, ces lieux de réjouissance, de liberté et d’expression corporelle. Peu à peu on plonge dans l’histoire oubliée, et pourtant pas si lointaine, de l’interdiction de danser.
Ces récits font remonter à la surface de la mémoire une facette de la période de 1940-1945 pendant laquelle (le 24 mai 1940) Georges Mandel, ministre de l’Intérieur sous la IIIe République ordonne la fermeture des dancings.
La restriction se poursuit dans tout le pays, le régime de Vichy met un terme à la danse, activité suspecte aux yeux du clergé et des élites. Cette interdiction se prolonge après la défaite, car sous l’Occupation, les Allemands instaurent un couvre-feu en zone occupée et interdisent toute réunion. Pendant cette période les bals reviennent, clandestinement, animer un quotidien marqué par la guerre et les pénuries.
Face à l’explosion de joie lors de la Libération du territoire, l’interdiction fut de plus en plus difficile à faire respecter et le gouvernement finit par les rétablir les bals au printemps 1945. C’est ici, en ce point précis, que l’exposition prend source : La célébration de la liberté après la libération. L’artiste s’attache particulièrement aux termes de liberté et de mémoire. Ceux-ci constituent un fil rouge qui se déroule à travers toute sa création.
Pour Victoria Niki ces deux mots renvoient non seulement à l’actualité et à l’histoire commune, mais également à sa propre histoire.
Une histoire marquée par les nombreuses restrictions sous l’URSS dont l’oubli forcé de la langue d’origine (le roumain en Moldavie) et la fermeture des frontières ne sont que la partie visible de l’iceberg. Pour informations suplémentaires: https://us10.campaign-archive.com/?u=34133e7423ab74f6f7af04e67&id=b2454c4c37